adieu, monstre.

Je sais que tu es là.

Je sais que tu viens me voir, 1 ou 2 fois par semaine, pour me lire, voir ce que je peux penser, imaginer, te faire plaisir à croire que je m’ennuie de toi, que tu me manques, que je souffre à cause de toi.

Oui, je m’ennuie de toi.

Mais non, tu ne me manques pas.
Non, je ne souffre pas. En ce moment, le printemps souffle en moi comme une force pour anéantir ce qui ne va pas dans le monde.

Et tu n’as aucune place dans le monde à venir.
Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Tu n’as jamais su.

Tu ne sauras jamais.

Basta.

Adieu, monstre.

Turning on my sight, I see you…

tristesse

tant de tristesse
sans toi pour me
rappeler que
c’est ça le
bonheur

black out (sans s’en rendre compte)

je n’ai plus de sens
autrement qu’en
dehors des codes
de l’aberration
d’où je saigne
de ma langue
coupée on l’aurait
perdue sans
s’en rendre
compte en
rentrant à la
maison

heureux

ce bonheur

au bout de ce mince fil

désespoir

« L’amour est un puits dans une cathédrale. »
- Francis Picabia

je t’entends me parler à travers la nuit la ville sourde les défilements d’étoiles la peur de ne plus jamais être capable de respirer de mourir là drette là comme un animal abattu  je t’entends à travers le sang la planète le coeur d’une profanation ce qui autrefois faisait de moi un puits dans une cathédrale

je t’entends mais ne te respire plus ne t’imagine que flottante dans la lumière idole auto-bafouée c’est le moment où la terre tremble j’entends ton nom je prends une grande respiration
et je souffle le vent qui te balaie loin de moi

tremblements de chairs équilibres perdus
tant de gémissements croupis dans les bassines de nos échecs le territoire intime et ennemi pure l’exaltation de mourir ensemble

déréglé l’alphabet ces mots de toi que j’entends
qui s’effacent qui effacent effacent la vie en nous
la vie en soi la plus parfaite manière de s’embrasser
et la fin du monde

Ces derniers temps j’ai peur du jour qui se lève…

trembler

les tremblements
à l’orée de soi quand
seul à comprendre ce qui
se déconstruit
les ténèbres recouvrent
la beauté du monde

la peur
le chemin derrière
s’effacent à mesure
de l’engagement
d’être ce que je suis

libre

taxidermie

Les taxidermistes du vide ne conduiront plus notre destin.

- Gilbert Langevin

Objets étranges – Archives 1991

Expérimentations retrouvées aujourd’hui dans mes papiers. Textes «calligrammes» (sauf un) rédigés au printemps 1991.

Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991Objets étranges - Archives 1991