canard laquais

nous entrons dans l’obscurité
avec la candeur des condamnés la légèreté
de la proie qui s’offre
en ce monde asphyxié
respirer ne sera possible
qu’une fois totalement subjugués
absolument asujettis
parfaitement redéfinis
laquais de métaphore
à manger en accompagnement.

the future

« Give me crack and anal sex
Take the only tree that’s left
and stuff it up the hole in your culture
Give me back the Berlin wall
give me Stalin and Saint Paul
I’ve seen the future brother:
It is murder.

Things are going to slide in all directions
Won’t be nothing
Nothing you can measure anymore
The blizzard of the world has crossed the threshold
and it has overturned the order of the soul
When they said REPENT I wonder what they meant »

Leonard Cohen (1934 – 2016)

vide amore

commettrons-nous encore longtemps ce monde
ces outrances d’humains déréglés
des astres sous influences
sans fraternité ni amour
à mort
?

tonne de briques

je me retire tout privilège
je ne suis l’aveugle de personne
je n’ai jamais accepté
que la lumière ne descende plus
sur nos têtes

j’acquiesce volontiers
à l’inversion des pôles
au désastre des peaux
qui se lézardent

je ne peux que nommer le désespoir
des saisons et de l’époque

images de monstres 3

nos visages
émaciés burinés par la haine
des siècles de guerres
de tortures de peurs
à nourrir les maîtres du monde
dans la plus pure folie
de la perte de contrôle

nos mains
coupables horribles complices
exécutrices des basses besognes
pour empêcher
l’aube

nos yeux
incapables de voir
la lumière

nos bouches
muettes devant l’abject

nos regrets
inévitables

images de monstres 2

invisible

voix tremblante
tu exacerbes
ta disparition

tu n’es
plus qu’une ombre

si d’aventure
l’affrontement te fait peur

tu tomberas

***

de vous
nous exigeons une
absolue absorption
un doux flétrissement
cathode reliée
à la moëlle épinière

pour inoculer le poison

images de monstres 1

je suis la matière la lumière
l’immanente vérité planante
au dessus d’âmes lampes naufragères
je suis la misère et le triste
entre la joie et la mort
craignez mon regard
je suis toutes vos croyances
vos renoncements
tous ces soleils ratés
pendant l’enfance des yeux
je pleure l’argument
la rugueuse nécessité
l’amour et ces mains qui courent
les corps s’effritent sous leurs doigts
je suis le dernier le premier
colonisateur de rien
horrible dénonciateur je suis
ta lâcheté tes peurs
voit comme l’humiliation suinte
de moi de partout
fin du monde apocalypse
j’embrasse en anglais ton cadavre
le temps qu’enfin tu deviennes
l’infini que tu es

lettres

je t’ai envoyé tant de lettres
dont j’ai perverti le sens
pour ne pas que tu saches
tes yeux m’éclairaient alors
pour les écrire

tristesse

tant de tristesse
sans toi pour me
rappeler que
c’est ça le
bonheur

black out (sans s’en rendre compte)

je n’ai plus de sens
autrement qu’en
dehors des codes
de l’aberration
d’où je saigne
de ma langue
coupée on l’aurait
perdue sans
s’en rendre
compte en
rentrant à la
maison