bleue la nuit blanche

blême emballé
complexe le coeur
ce poème sacrifice
ouvert aux visions extrêmes
si l’enthousiasme disparaît
en toi qui as vaincu tes peurs
comment réinventer le souffle
du poème nourriture de paroles
cette envie de dire
faire de la musique
au bord du gouffre
la nuit quand
on ne dort pas

troublante et belle
s’étire infinie de mouvements d’âme
ne ploie jamais dans la sournoiserie
de toutes les teintes de bleu
qu’elle déploie dans le coeur
le temps
si d’une minute elle fait des heures
des nuits de siècles des siècles encore
surtout bleue elle est dans mes yeux
la nuit blanche
elle est bleue
sitôt qu’elle touche
de la pointe de son pinceau
de rêves de cauchemars
ton regard

bleue la nuit blanche
comme l’orange d’hier
le ciel à refaire
le monde en syncope
seul tu es parcelle de peuple
dans la collectivité de l’abandon
bleue la nuit blanche
si tu rassembles les forces obscures
du sang qui bat aux tempes
cette peur de ne plus revoir
le monde comme tu l’as déjà vu
ça distille les impressions du reflet
toute les dérives au coeur de la nuit
quand on se prend soudain aux commandes
d’une bête volante étrange
au-dessus des places en soi

c?est bleu au coeur
dans la nuit blanche
si abuser du temps
nettoyait ce qui ne se copie pas
nous ne l’écrivons jamais ici
pour devenir un peu plus soi-même
ridicule dieu
précisément imparfait
la complexité éjarrée
sur un tapis de naufrages

bleue la nuit blanche
écumante haletante nuit qui bat
dans la bête humaine qui rage
doucement se voir ployer
sous le poids de ses rêves
lubies de la prenante voie des astres
toutes lèvres sorties
les mots dérapent
c’est un moment de grande vérité
quand bleue la nuit
blanche exactement
on se trahit