one for the money, two for the show

Pour excuser une séance de lecture:
Il y a littérature quand ce qui est pensé est, simultanément, vu et entendu. Elle s’écrit avec l’oeil et l’oreille. Mais la littérature doit être lue, pour que ses élements se lient. Elle reste entre les mains du lecteur seulement (et de celui, seulement, qui est un lecteur). Il pense, voit et entend, et conçoit l’expérience en sa trinité, exactement comme l’artiste qui a donné l’oeuvre. On doit lire, non pas entendre ce qui se trouve écrit. Pour réfléchir à ce qui est pensé, l’auditeur n’a pas le temps, pas non plus pour regarder ce qui est vu. Mais il se pourrait bien qu’il fît l’entendu, en entendant. Assurément, le lecteur entend aussi mieux que l’auditeur. Reste à celui-ci un son. Fasse qu’il soit assez fort pour l’amener à lire et à rattraper, de la sorte, ce qu’il a négligé comme auditeur.

– Karl Kraus

Commentaire (1)

  1. nina a écrit:

    très juste comme réflexion!

    vendredi, 19 janvier 2007 à 07:04 #