prendre un break de blogue, mon minou

oui, je sais, je n’écris pas souvent ici par les temps qui courent. je comprends les attentes de certains, les angoisses des autres peut-être à ne pas recevoir leur dose de blogues quotidienne.

chacun veut sa part d’opinions et d’expressions diverses veut se sentir impliqué dans la communauté, avoir quelque chose à dire, toujours avoir quelque chose à dire, à écrire, toujours commenter, se démocratiser le moi dans une strate de pensée de digg de flickr de blogger de j’en passe, de croire qu’on est soudainement sous les projecteurs communautaires du web alors que dans le fond (et c’est le cas de le dire) nous n’occupons tous que des racoins d’internet, des miettes, des trous de souris.

parfois nous investissons l’auto-référence et la démocratisation du moi jusqu’à la destruction du sens, du mot même, et j’irais même jusqu’à ajouter, jusqu’à la destruction de l’art des mots par abus de démocratisation de son égo.

Que l’un n’ait aucun visiteur comme l’autre un million de visiteurs par semaine, ça ne change plus rien. la multiplication des blogues tend à fragmenter jusqu’à anéantir toute idée, toute expression inscrite dans la toile des blogues. nous ne saisissons pas encore très précisément à quel point tout ce qui se produit ici sur la blogosphère (pas sûr que j’aime ça ce mot…) est en train de muter, de transformer, d’adapter notre manière de penser l’écriture, son aboutissement, et par le fait même, au bout de cette logique, la littérature.

ce qui se passe ici transforme la façon même de penser le mot, l’idée, le concept, l’image, les évocations de l’esprit. tout est amalgame vivant et holographique sorte d’alpha et d’oméga de la pensée brute qui se raffine d’elle-même par une vision tridimensionnelle. on pourrait même ajouter quadri-dimentionnelle (et pourquoi pas, plein d’autres dimensions à la pensée)

bon ok. je vous reviens là-dessus à un moment donné. j’étais parti en peur là.
je voulais juste vous dire que je vous aime bien, mais y’a pas juste les blogues, y’a la vie aussi.
c’est bon de prendre un break de temps en temps…

Commentaires (6)

  1. Nancy a écrit:

    L’odeur du café
    Des yeux « live »
    Des projets en développement
    Des pauses salutaires
    Des pensées lumières
    Les torrents noir d’énergie
    n’exigent pas toujours une exposition

    Le silence d’un blog est synonyme de la liberté d’action de son auteur

    Bonne pause

    Nancy

    P.S : Le 3d des rues de Montréal est imbattable sous cette neige.

    samedi, 3 mars 2007 à 09:52 #
  2. Basduck a écrit:

    Bah tu vois, écoute, je peux pas être d’accord avec toi; comme je peux pas être d’accord avec ma prof qui disait la même chose tantôt.

    J’ai eu un cours tantôt; sur la nouvelle. L’art de la nouvelle; la prof, sorte d’anglaise super-aristocratique, trop raffinée; un vrai personnage qui a étudié avec Roland Barthes; vraiment gentille là, vraiment cool; a passé le cours à parler d’alcoolisme et de Mistral; ça avait plus ou moins rapport (on parlait de Fitzgerald) mais c’était vraiment intelligent.

    Et puis, là, comme ça; elle s’est mis à dire exactement la même chose que toi (à croire qu’elle lit les blogue ou que c’est dans l’air du temps). Sauf qu’elle elle parlait d’oversubjectivité, de Yourcenar qui disait « j’haïs le moi »; de surdémocratisation de la parole, etc. Ou je ne sais trop; je galvaude un peu.

    L’intérêt, tu vois; est que j’étais pas d’accord avec; je pouvais pas l’être. D,une part parce qu’un bon blogue reste un bon blogue; que le lecteurs sait partir (comme avec la télé il sait zapper); y’a qu’à voir le roulement des commentateurs sur mon blogue. Je te dirais que ça se renouvelle aux 6 mois; si c’est pas 3; c’est toujours triste d’en voir partir (de se voir être sauté des liens, etc.)

    Puis bon, concernant le rapport au roman, à la littérature; pour la littérature la différence est claire, I mean, y’a un de mes profs qui étude l’hypertexte (pour ne pas dire le texte électronique; celui qui utilise des hyperliens); c’est de dire que oui la littérature y est conçue de manière particulière; comme dans le texte de chanson, la poésie, limite le roman de genre.

    En un sens, ça change la littérature; et le littéraire. Ou l’écrivain (littéraire c’est plus fencé et ça veut aussi dire autre chose). Clair que tu ne peux plus écrire pareil; comme tu peux pu écrire après avoir écrit un truc; comme Balzac pouvait pas écrire pareil après le périodique, etc.

    Je ne vois pas où est le mal; dans ton commentaire je sens un repproche mais où? Où? Parce que, tu vois, en tant que «relève de la relève» je le vois pas; je comprends pas. Un roman c’est pas un roman; la littérature ça reste de la littérature; y’a toujours les même problématiques; ce qui change c’est le style, et le style c’est l’époque; c’est la mode, c’est ce qui se démode.

    Et je t’embarquerai pas dans des considérations sur l’histoire de l’art; tu en as sûrement déjà assez entendu. Tout ça pour dire que si oui le blogue transforme la littérature ça transforme pas le roman; qu’il faudrait vraiment être inquiet si ça agissait comme tel et que, pour l’instant, il y a pas de danger à y avoir

    au contraire, ça permet de susciter les rencontres et blablabla; comme dans les salons de Proust et les pubs irlandais.

    Mais ça, je te dis ça; comme c’est toi je te dis que je retourne écouter Cohen (en faisant mes derniers travaux sur la lecture).

    mardi, 6 mars 2007 à 02:39 #
  3. tony tremblay a écrit:

    j’avais oublié que ce qui tue la littérature, ce sont surtout les cours de littérature. ce qui tue dans les blogues, c’est les commentaires trop longs.

    aussi, il n’y a pas de reproche dans mon texte. je ne vois pas où tu sens ça, mais y’a pas de reproche. j’ajouterai simplement que ton commentaire est un exemple parfait de ce qui m’énerve dans les blogues. je l’ai autorisé parce que je voulais te répondre. mais normalement, un commentaire aussi long, je l’aurais effacé.

    mardi, 6 mars 2007 à 10:22 #
  4. Lilipuceau a écrit:

    Allez donc faire un tour ur mon blo…. Oups… Ptet pas le bon endroit pour se faire d’l’auto-égo-publicité, on vend notre égo pas cher histoire d’avoir quelques visiteurs sur son blog, en attendant comme des caves d’avoir une coupe de commentaires inutiles et d’en laisser quelques uns. Avant fallait du contenu dans un site web, un service, je sais pas. Un truc « important », c’est exactement ce que la majorité des blogs sont pas. Ce qui est intéressant, c’est que le blog est pour le web ce que l’homosapien est pour le monde.

    Qu’un de plus, juste un…

    Mais juste comme ça…Pour le fun… Vous savez y a combien de livres qui sont sortis cette semaine?

    samedi, 10 mars 2007 à 22:12 #
  5. youlia a écrit:

    Bonsoir,
    je me permet d’écrire quelques lignes car depuis que j’ai lu cet article, je ne cesse d’y penser. Tout ce que tu dis plus haut crève de vérité, je comprends bien la peur que tu éprouves, mais puis-je te rassurer en te disant que la qualité dans l’art ne saurait s’effriter comme cela… Internet est plus un espace de communication et d’expression.
    Et que la peur pointant son nez nourrisse l’énergie des artistes.

    dimanche, 25 mars 2007 à 18:26 #
  6. Jack a écrit:

    Les bogues, bien sûr, il y en a 50 000 000, plus 3 nouveaux à la minutes! Quand tout l’Occident sera blogueur, restera-t-il plus de jus pour la littérature, autrement dit, plus de voix libres pour rire dans notre barbe? Mais dans les petits racoins, avec des miettes de mots, il se passe quelque chose en effet, disent les artistes qui se beurrent les doigts. Moi qui parle humblement avec des moyens de pauvres, hors pub, hors institutions de ploques, je trouve que le blogue permet de voyager avec d’autres, tant pis pour l’effet de droye, la fumée secondaire des zémotions. Hier, Guy Sioui Durand m’écrivait, et j’étais ému qu’il m’écrive : «le blogue renouvelle en quelque part la pensée critique, surtout quand c’est bien écrit…». Imprimée ou pas, la question est là. En tous cas, du stricte point de vue littéraire. Mais il n’y a pas que la littérature. Il n’y a pas que les écrivains. Il n’y a pas que des lecteurs incurables. Un Sollers dira qu’il y a de moins en moins de tout cela.

    jeudi, 5 avril 2007 à 12:19 #