hypothétique constat personnel parmi tant d’autres du vide et de la superficialité de l’époque #1 (la malédiction de la dénomination)

L’institution littéraire (exp. : Se dit de faux-culs bien installés dans des chaires, voire des cabinets.) refusera toujours mon travail parce que je me prénomme Tony, qu’en conséquence je n’écris que des conneries et que ce prénom là accollé à Tremblay ça ne fait pas assez écrivain, ça ne sera pas beau dans les manuels, et que ça pourrait traumatiser et dégoûter nos enfants de la littérature.

Commentaires (3)

  1. Msieu D a écrit:

    Il me semble pourtant que tu aies été notamment invité au colloque « Formes américaines de la poésie » organisé par l’uqàm et débutant le 28 mai 2008, mais que tu n’y participeras malheureusement pas (je dis ça sous toutes réserves: c’est peut-être complétement faux); néanmoins, cela prouverait que l’institution littéraire manifeste un intérêt certain pour le lauréat du Émile-Nelligan de 98.

    Je suis d’accord avec l’hypothèse du «nom repoussoir», mais je trouve que ça a du bon finalement, parce que ton oeuvre combinée à ton nom percute le stéréotype, l’amalgame cliché de l’écrivain, du poète. Bien sûr, certains diront que ton attitude s’accole au cliché du poète maudit affrontant l’institution… et alors ?

    Msieu D

    vendredi, 28 décembre 2007 à 00:04 #
  2. tony tremblay a écrit:

    D’abord, M’sieu D, merci de vous exprimer ici.

    je n’ai jamais été invité officiellement au colloque dont vous parlez ici.

    et non, je n’affronte pas l’institution: c’est l’institution universitaire qui m’a semblé refuser mon travail, particulièrement de la part de certains professeurs titulaires qui croient probablement incarner la littérature à eux-seuls. en ce sens, l’institution me force à réagir et à me révolter contre son fonctionnement schizophrénique.

    les facultés de littérature existent parce qu’il y a des livres et des écrivains de tous les horizons, pas le contraire.
    l’université est au service de la littérature. la littérature n’est pas au service de l’université.

    la littérature, ce n’est pas à l’université qu’elle se trouve. et malgré les tentatives de plusieurs professeurs pour contrôler ce qui devrait faire partie du corpus québécois, ce sera ultimement l’histoire qui déterminera des oeuvres qui resteront.

    je m’insurge avec force contre toute tentative «politique» de contrôler le corpus littéraire, et contre toute forme de népotisme, de conflits d’intérêts, et de copinage au sein du monde de la littérature. je méprise royalement le travail de certains professeurs-écrivains qui créent autour d’eux une sorte de «secte» de jeunes éventuels auteurs qui par la suite recevront prix, bourses, invitations, voyages, etc., forme de récompenses pour avoir bien suivi l’enseignement du maître.

    je ne crois pas aux écrivains diplômés. on ne devient pas un écrivain en recevant un diplôme. je ne crois pas que la recherche en littérature doit prendre plus de place que le texte lui-même. tout le monde sait aussi que la recherche en littérature produit 95% de «bullshit». suffit de lire certains des essais d’un P.O. par exemple.

    les personnes qui tenteraient de reproduire une sorte de «corruption» caractéristique de monde politique au sein de l’art sont des personnes dangereuses non seulement pour l’art et la littérature, mais pour la société en général. il faut se battre de toutes ses forces contre ces nouveaux curés de la littérature.

    la littérature c’est les textes, les livres, bordel.

    lundi, 31 décembre 2007 à 11:03 #
  3. Msieu D a écrit:

    Merci de me répondre Tony,

    Je suis entièrement d’accord avec votre point de vue, le copinage entre professeurs et élèves est malsain, car il va à l’encontre du principe d’impartialité incombant à toute forme d’évaluation. Mais il semble que ça ne changera jamais: il y a toujours des «suiveux» pour quelque raisons que ce soit. De plus, je pense que cette forme d’exclusion peut, en définitive, jouer en faveur de l’exclu; en effet, étant donné que l’institution ne régit pas le monde de l’édition, on peut dire que le talent, inévitablement, surgit dans le monde, le vrai cette fois-ci. Donc, en étant exclusive plutôt qu’inclusive, en refusant d’inclure ce qu’elle n’aime pas, l’institution ce nuit à elle-même puisqu’elle nous ramène toujours, comme le ferait une cuisinière obsédée, le même ragoût. Certains l’avalent et en redemandent. Ce qui rebute plusieurs des étudiants dont je fais partie, ceux-ci se questionnent et cherchent «autre» chose et, ils trouvent. Ceux-ci n’auront peut-être pas les meilleures notes, mais ils ne vont pas à l’université uniquement pour la note… Je pense que l’université est un bon outil pour celui qui ne s’en sert pas à des fins «masturbatoires». Je pense que l’on peut améliorer son écriture à l’université, on peut faire des rencontres qui vont nous influencer, on peut aussi bien se planter… mais le gros du travail se passe chez soi, seul, sans l’aide de personne. En somme, le texte doit et va parler de lui-même. Je pense aussi qu’il est important de se battre contre le népotisme, mais je crains fort que l’institution se batte contre elle-même, car se genre de comportement déforme l’essence (la littérature) qui l’a créée. Les lecteurs (ceux qui ont un peu de jugeote) ne sont pas dupes.

    Il faut combattre cette absurdité. Ce blogue est un bon moyen, mais il ne me semble pas suffisant. De quelles armes disposons-nous ?

    dimanche, 6 janvier 2008 à 16:00 #