au bout du vent (des nouvelles, enfin)

Il y a toujours un temps pour se taire, pour se terrer, se retrancher dans ses réflexions et les remises en questions qui viennent avec ce retrait. En fait, je devrais plutôt dire qu’il n’y a pas de retrait réel, que mon absence de ce lieu d’écriture publique n’est en fait qu’un signe que la vie déboule, qu’elle se déroule sous mes pas avides et que j’y prends goût, que j’y mord à pleines dents et que l’écriture ainsi mise en jachère n’en ressortira que plus déroutante, audacieuse, réelle et débonnaire.

Lors des dernières semaines, des derniers mois, j’ai perdu un grand ami, me suis aussi retrouvé sans plus de carburant, me suis relevé avec en quelque sorte l’aide de Zhang San Feng, et j’ai semble-t-il retrouvé l’éclair du vivant qui m’avait momentanément quitté.

J’ai aussi beaucoup roulé, réfléchi, parcouru le Québec: Laurentides, Lanaudière, Côte-Nord, Québec, Saguenay-Lac-Saint-Jean, toujours avec la conscience à vif, retrouvant cette curiosité du paysage (tant humain que géographique que métaphorique) et aussi me questionnant sur la pertinence du poète, de la poésie dans cette immensité où je ne suis au fond qu’un grain de sable.

Le poème donc, toujours et encore au coeur de mon être, le poème toujours qui me triture et me rend fou, qui toujours exprime mon inadaptation à la condition humaine et ma sursensibilité aux vibrations du monde. Toujours et encore ce poème, cette poésie qui petit à petit me mène à la fois sur les chemins d’un réel exacerbé et d’une conscience altérée. Ce poème, cette poésie qui je le crains se fissure se disloque se démembre pour créer un autre univers qui dira enfin je l’espère toute la destruction du monde pour laisser la place au neuf.

J’y viendrai, bientôt, n’ayez crainte.

J’y arriverai, seul, au bout du vent…

Commentaires (4)

  1. Paula a écrit:

    Heureuse de vous retrouver, cher poète. Et ne doutez jamais de la pertinence de la poésie dans le monde. Elle aide à vivre. Elle est vitale. Au plaisir de vous lire de nouveau…

    jeudi, 14 août 2008 à 21:02 #
  2. jack a écrit:

    Seuls et solidaires, nous sommes. Salutations.

    mercredi, 20 août 2008 à 12:53 #
  3. Jo a écrit:

    Au plaisir de partager un vers un jour.
    Dans un bar ou dans un détour.

    Jo-

    dimanche, 19 octobre 2008 à 21:01 #
  4. Solita a écrit:

    Quand le repli, m’empêchent le reste, je flâne et j’arrive ici…
    Alors je prends le temps pour essayer d’entendre à travers la poésie…
    Et j’ajoute le lien dans mon flux…

    dimanche, 11 janvier 2009 à 06:23 #