la première fois (suite destructive – extrait – MAJ)

livre perdu âme grise j’ouvre
un chapitre de poussière et de ruines
le récit pervers standardisé conditionné
par les mensonges du ventre
les limites de nos bouches y sont reconnues
pauvres en nous-mêmes sans mots
justes insensés insensées ces cassures
ces cicatrices ces interdits d’amour ce sang
pourri les recommencements
de nos phrases à finir et ces
gémissements d’aube
permanent cet échec formidable
fera histoire
la nôtre

la première fois je ne t’ai pas vue
clairement tu embrouillais la lumière
de tes yeux exhalaient des turbulences
l’air autour indisposait le cosmos
c’était l’été le soleil rugissait les oiseaux
mouraient par nos regards croisés
dans l’herbe dans la chaleur
ivres de la potentialité de nos sangs
c’était beau et dangereux soudainement

la première fois feinte d’ignorer
notre découverte ces pierres sombres
piétiner la fatalité le désir
embrasser notre fin maintenant
mais nous avons attendu pour nous édifier
dans une langue magique abîme triste
montant un beau spectacle
une tragédie comédie burlesque saignante
cette destruction valait bien plus que ça encore
notre patience a été fructueuse

Commentaires (2)

  1. Patrick MILIQUE a écrit:

    Folle désynchronisation du mot dans un par-delà sans frontières…
    Flamboyant!

    Samedi, 7 septembre 2013 à 19:28 #
  2. Tony Tremblay a écrit:

    Merci! :)

    Samedi, 7 septembre 2013 à 20:21 #