« L’amour est un puits dans une cathédrale. »
– Francis Picabia

je t’entends me parler à travers la nuit la ville sourde les défilements d’étoiles la peur de ne plus jamais être capable de respirer de mourir là drette là comme un animal abattu  je t’entends à travers le sang la planète le coeur d’une profanation ce qui autrefois faisait de moi un puits dans une cathédrale

je t’entends mais ne te respire plus ne t’imagine que flottante dans la lumière idole auto-bafouée c’est le moment où la terre tremble j’entends ton nom je prends une grande respiration
et je souffle le vent qui te balaie loin de moi

tremblements de chairs équilibres perdus
tant de gémissements croupis dans les bassines de nos échecs le territoire intime et ennemi pure l’exaltation de mourir ensemble

déréglé l’alphabet ces mots de toi que j’entends
qui s’effacent qui effacent effacent la vie en nous
la vie en soi la plus parfaite manière de s’embrasser
et la fin du monde